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Un nouveau « pacte de famine » ?

La guerre en Ukraine a bon dos. Les récoltes de l’automne 2021 n’ont en aucun cas souffert de la guerre commencée en février dernier et pourtant, dans notre belle monarchie républicaine, la disette vient à frapper l’huile de tournesol et même la moutarde de Dijon dont les prix se sont envolés.

La faute à la guerre disent les médias de masse.

Croyons les sur parole puisque, comme toujours, ils disent le vérité, la seule, la vraie.

Pourtant, si l’on traverse la frontière, on s’aperçoit que certains pays ne souffrent pas des mêmes soucis d’approvisionnement que chez nous.

Y aurait-il un problème qui aurait échappé à la vigilance des gardiens du temple de l’information ?

Osons la question qui fâche

Certains groupes pratiqueraient-ils la spéculation ?

Cela mériterait une enquête poussée de la part de journalistes qui feraient leur travail car faire reposer les manques sur les épaules des consommateurs qui stockent la marchandise est – peut-être – abusif. L’arbre qui cache la forêt en quelque sorte.

Cette situation me rappelle une période de l’histoire qui fut magistralement présentée dans un film que nous devons tous voir ou revoir. Il s’agit du film de Bertrand Tavernier intitulé Que la fête commence.

Ce film se passe sous la régence, un bon moment avant la Révolution. Et pourtant, dans le narratif du film, Tavernier montre que la révolte couve.

On y voit notamment un personne horrible, brillamment interprété par Jean Rochefort : l’abbé Dubois qui exerça les fonctions correspondant aujourd’hui à celle de premier ministre du régent.

Ecclésiastique athée, Dubois, l’homme des bons pères, acheta sa charge pour 8 millions de l’époque. Une fortune.

Mais Dubois était un homme politique. Un vrai. C’est-à-dire un rusé, un manipulateur.

Pour tenir les privilégiés par la cupidité, il les faisait entrer dans une société secrète ayant pour but la plus infâme des spéculations: le « pacte de famine ». On accaparait les blés, on les exportait, et quand la famine se faisait sentir, engendrant une hausse scandaleuse des prix, on réimportait pour revendre avec des bénéfices non moins honteux. Louis XV était entré lui-même, pour dix millions, dans ce pacte.

Il avait le sens des affaire ce brave Dubois !

L’ancêtre des spéculateurs d’aujourd’hui en quelque sorte.

En appeler au bon sens populaire  

Sentant intuitivement la nécessité de s’appuyer sur la souveraineté sociale, le régent eut l’idée de rassembler les États généraux.

Le mémoire que Dubois lui adressa à ce sujet laisse voir à quel point, par ignorance et fourberie, celui-ci craignait la tradition sociale française, comme le voleur craint le gendarme.

Voici les paroles de ce ministre qui n’hésita pas à vendre la France à l’Angleterre:

« Ce n’est pas sans raison que les rois de France sont parvenus à éviter les assemblées des États généraux. Un roi n’est rien sans sujets, et quoiqu’un monarque en soit le chef, l’idée qu’il tient d’eux tout ce qu’il possède, l’appareil des députés du peuple, la permission de parler devant le roi et de lui présenter des cahiers de doléances, ont je ne sais quoi de triste qu’un grand roi doit toujours éloigner de sa présence. Le monarque pourrait-il dire à la nation comme au parlement: Vous n’êtes pas la nation? Pourrait-il dire aux représentants de ses sujets: vous ne les représentez pas? Le roi est assuré de ses troupes contre le parlement: le serait-il contre la France assemblée? Où frapperait donc le soldat, l’officier, le général, sans frapper contre leurs compatriotes, leurs amis, leurs parents ou leurs frères? N’oublions jamais que le dernier malheur des rois, c’est de ne pas jouir de l’obéissance aveugle, que compromettre ce genre d’autorité qui est la seule ressource des rois, c’est s’exposer au plus grand danger. C’est là véritablement la partie honteuse des monarques, qu’il ne faut pas montrer même dans les plus grands maux de l’État. »

La part honteuse de la loi de l’État

En effet, explique Saint Yves d’Alveydre dans La France vraie, Dubois révèle cyniquement la part honteuse de la loi d’État politique. « Il faut dire que, si la loi sociale avait été en vigueur, jamais un tel homme n’eût été nommé sur la recommandation du roi d’Angleterre à l’archevêché de Cambrai sans que toutes les universités et tous les clergés réunis n’émettent une protestation unanime. Jamais il n’aurait pu se faire administrer en quelques heures, depuis la tonsure jusqu’à la prêtrise par des évêques comme Tressan, ni en trouver d’autres pour garantir la pureté de ses mœurs et sa science ecclésiastique. Jamais il n’eut trouvé un cardinal de Rohan pour se faire sacrer en pleine cour de France, trahir l’État français et remuer toutes les cours d’Europe pour obtenir la pourpre romaine, au prix d’une fortune et d’une nouvelle persécution contre les jansénistes. Jamais non plus l’Académie n’eût brigué l’honneur de l’avoir comme membre, ni le clergé de France comme président ».

L’histoire bégaie

Ce que la France a vécu avec Dubois, elle le revit aujourd’hui avec un méprisant de la république qui fait semblant de consulter ses assujettis dans des blablas nationaux qui coûtent un pognon de dingue et dont les comptes rendus dorment au fond de quelques placards à poussière.

Accessoirement, vous penserez à cela quand vous irez à la supérette faire le plein d’huile de tournesol, ou lors de la prochaine jacquerie.  Enfin quand quand vous serez réveillés. Un jour prochain peut-être.

En attendant n’oubliez pas que si nous avons perdu la boussole, le tournesol, lui, n’en a pas besoin. Il sait d’où vient le soleil.

Faites de beaux rêves et, si vous êtes réveillé, ne faite pas de bruit : il y a encore beaucoup de gens qui dorment encore !

 

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Jean-Michel Grandsire

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