Citoyen ou assujetti ?Complots et déviancesUne démocratie malade

Pour en finir avec les obscurantistes

Régulièrement, je lis çà et là des articles ou des posts qui fustigent les esprits rétrogrades, notamment ces sous-produits du conspirationnisme qui ont l’outrecuidance d’oser douter de l’innocuité de la vaccination qui va à coup sûr nous sauver de ce fléau qu’est la vilaine Covid.

J’ai tenu à apporter ma modeste obole à ce combat éternel pour qu’enfin, un jour prochain, triomphe l’esprit des Lumières.

La lutte contre l’obscurantisme est un combat éternel et de tous les instants.

Le bien, le beau et le bon étant toujours confronté aux forces du mal et de la bêtise, il convient de ne pas relâcher après tant de siècles d’efforts. Ce n’est qu’à ce prix que nous aboutirons enfin – à l’aube d’un grand soir – aux destinées de l’humanité, formule si chère à Robespierre, icône de la pureté et de la vertu, qui, tel un phare dans la tempête, nous a montré le chemin.

Comment donc terrasser l’obscurantisme ? Comment injecter le virus de la vertu et de la Vérité dans des organismes asociaux souillés par les ténèbres ?

Du passé ne faisons pas table rase

Le passé est riche d’un enseignement dont nous pourrions nous inspirer.

L’idéal serait d’appliquer la formule efficace d’Arnaud AMAURY qui reste un exemple de radicale pureté et qui nous a débarrassés une bonne fois pour toutes de la contagion albigeoise des Cathares : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ». La formule – preuve qu’elle est écologique et donc oh combien actuelle – est recyclage. Remplaçons « Dieu » par « Science » et nous avons une formule simple mais d‘une efficacité absolue qui, si elle était appliquée avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui, présenterait en outre l’avantage de ne rien coûter à la sécurité sociale et, conséquemment, de ne pas piocher dans la bourse des laborieux cotisants. L’élimination pure et simple de l’opposant reste et restera à jamais la meilleure et la plus efficace des solutions. Il se trouve, hélas, des âmes sensibles pour rechigner à la besogne et c’est un grand regret car le progrès s’en trouve d’autant freiné.

Enfin…

Si encore les hérétiques contemporains avaient le bon goût de vivre en communauté, on pourrait leur balancer quelques colonnes infernales pour les génocider au nom du bien.

Mais ces monstres – preuve s’il en est de leur perversité – sont disséminés dans toutes les couches de la société. N’en trouve-t-on point niché jusque dans les plus hautes sphères de la hiérarchie scientifique, à l’image de cet innommable barbu qui ose railler moins médaillé que lui ?

Décidément, le mal s’est insinué jusqu’au tréfonds de l’organisme social.

Ces renégats de la société, ces ennemis du progrès, Carrier les aurait noyés, Fouquier Tinville – le saint homme, que la déesse Raison ait son âme – les aurait tronçonnés.

Mais serait-ce suffisant quand on constate l’étendue des ravages causés par ces impies ? J’en doute, comme disait Descartes en se grattant le menton.

La solution pourrait être de créer des Comités de salut public avec des prédicateurs chargés de porter la bonne parole. Des commissaires politiques des temps sanitaires en somme, qui, tels des anticorps, traqueraient et éradiqueraient le mal jusqu’au tréfonds du corps social.

 

Jovial, sympathique et bon chrétien, Arnaud AMAURY, légat du pape, a la réputation d’avoir synthétisé en une formule choc la méthode parfaite pour se débarrasser des gens qui ne pensent pas droit. Du côté de Montségur et de Béziers on en parle encore…

L’union sacrée pour une sacrée cause !

Mais qu’il est dur le chemin, qu’il est difficile de faire triompher la Vérité quand on constate que même la propagande et le matraquage médiatiques semblent avoir atteint leurs limites, malgré les efforts louables de Radio Paris, de BFM TV et de tant d’autres organismes d’information, tous porteurs du même message, signe que l’union sacrée peut rassembler, dans un même élan sacerdotal, les organes garants de la pluralité de l’opinion !

Restent quelques outils de purification sociale qui pourraient montrer leur efficacité : l’internement psychiatrique pour les déviationnistes et autres trublions asociaux, par exemple.

Mais y aura-t-il suffisamment de lits, suffisamment de camisoles dans un pays démuni de moyens médicaux comme le nôtre ? Là encore, comme Descartes, je doute…

Quels sont les bons choix, comme disait le regretté Giscard ?

La déportation ?

Il nous reste Cayenne, son poivre et sa Taubira. Mais y aura-t-il assez de places pour tous les y parquer ? Et surtout ne risquent-ils pas de s’y croire au clubMed ?

On pourrait négocier avec Poutine pour qu’il nous loue un archipel du côté du goulag.

Mais ça coûterait bonbon, et puis moralement on ne peut pas ! Poutine, c’est bien connu, c’est un méchant qui empoisonne autant la vie des vraies démocraties que ses opposants…

Les envoyer en Louisiane ? Ils seraient capables de voter pour Trump et de nous le refourguer pour 4 ans.  Pitié – une fois encore – pour les tenants de la démocratie ! Enfin un peu de tenue que diable !

La loi des suspects

Quand un problème est compliqué, quand il paraît insoluble, il convient de simplifier et de faire appel au bon sens commun. Au fond, la seule méthode vraiment efficace est celle qui consiste à s’appuyer sur la population elle-même pour faire régner l’ordre. Aussi, camarades, j’en appelle à votre civisme : Chauffons les esprits ! Attisons les peurs ! Transformons chaque citoyen en commissaire politique chargé de la police de la pensée. Au besoin dotons-le d’un uniforme, car on obéit mieux quand on a un bel uniforme sur le dos, et on obéit encore mieux quand on a un chef qui donne les ordres et sur lequel on peut défausser sa responsabilité. Milgram[1] nous l’a appris ! Merci Milgram !

Un flic par habitant : voilà la bonne solution !

Dénonçons les voisins déviationnistes, fustigeons-les, montrons-les du doigt, fichons-les pour qu’ils nous fichent la paix. Marquons-les du sceau de l’infamie !

Chez nos voisin suisses, qui sont des gens propres et ordonnés, la délation semble considérée comme une qualité…

Et comme il n’y a pas de travail bien fait sans récompense, il ne faudra naturellement pas oublier de créer une médaille spécifique pour honorer les héros. Je suggère – mais ceci n’est qu’une idée parmi d’autres – de l’appeler « médaille coronacircus de la soviétisation de la société », déclinée en bronze, argent et naturellement en or pour les plus zélés.

Pour faire  plus discret – tout en arborant fièrement la distinction aux yeux des masses – on pourra même demander à Christophe Barbier de se démunir de son écharpe plus célèbre que lui et de la découper en fines lamelles appelées à orner les boutonnières des heureux récipiendaires.

Nous voilà partis vers le monde parfait ! Ainsi, chacun sera surveillé par chacun et chacun pourra compter sur chacun pour le remettre dans le droit chemin.

Ce n’est qu’à ce prix que le beau, le bon, le bien, le vrai et, par-dessus tout, la pureté pourront triompher.

Encore un petit effort, on y est presque.

Que tous ceux qui œuvrent en ce sens soient remerciés du fond du cœur !

Au matin qui suivra le grand soir, ils pourront se réveiller et se dire en s’étirant : « Quel beau rêve je viens de faire ! »

 

 

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Expérience_de_Milgram

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Jean-Michel Grandsire

Jean-Michel Grandsire

1 Comment

  1. Jean-Michel Grandsire
    7 janvier 2021 at 14:11 — Répondre

    Analyse amusante de la veulerie ordinaire !

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