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Contre qui allez-vous voter ? Le délire du suffrage négatif

Le système électoral que nous subissons est incohérent, irrationnel et obsolète.

L’exemple du suffrage négatif et de la necessité de faire barrage aux extrêmes (de centre et de droite dans le contexte actuel) en est la parfaite illustration.

Développements…

Combien de fois, ces dernières semaines, avons-nous entendu au cours de nos conversations la phrase suivante : « Je voterais bien pour untel mais, comme je ne veux pas qu’un autre ait la possibilité de passer, je vais voter pour un candidat qui ne me plaît pas particulièrement mais qui, a priori, a davantage de chances de faire barrage à celui que je déteste le plus afin de l’éliminer » ?

Le vote négatif est une composante essentielle des scrutins politiques et il présente des désavantages et des incohérences de fond sur lesquels il convient de réfléchir et de s’interroger.

Comme à mon habitude dans mes articles liés à la politique, davantage opposé au système archaïque que nous subissons qu’aux hommes et aux partis, je ne citerai pas de nom, laissant chacun libre de ses tendances et tempéraments politiques, tous davantage basés sur l’émotionnel que le rationnel, soit dit en passant.

Le suffrage négatif

Les sondages politiques révèlent de manière récurrente le peu de foi des électeurs envers les prétendants aux fauteuils d’élus. Mais, comme il faut bien voter si l’on veut avoir le vague sentiment de participer de temps à autre à la vie publique, chaque électeur qui juge utile de se déplacer utilise son bulletin de vote de manière plus ou moins rationnelle.

Il y a certes l’immense minorité des convaincus, fans de tel ou tel candidat, qui le suivraient les yeux fermés jusqu’au fond du précipice. Ils se font de plus en plus rares et, personnellement, je m’en félicite.

Et puis il y a les autres, les nombreux déçus de la politique et des promesses non tenues, de droite comme de gauche, d’extrême droite, d’extrême gauche ou d’extrême centre, qui savent bien qu’au fond, quelle que soit l’issue du scrutin, ils seront bernés et n’auront qu’à passer à la caisse pour payer les dégâts de leurs « chers » représentants.

Pour ceux-là – l’immense majorité d’entre nous – il y a trois attitudes possibles : s’abstenir, choisir un candidat sans le moindre enthousiasme, ou voter contre un candidat détestable – on en connaît ! – qu’il convient d’éliminer quel qu’en soit le prix.

Les médias appellent cette dernière attitude « faire barrage », c’est-à-dire favoriser le moindre mal selon ses conceptions en votant pour un personnage que l’on n’aime pas et qui sera de fait élu par défaut.

C’est le principe du vote négatif qui permet à des gens qui disposent de peu de soutiens dans l’ensemble du corps électoral de diriger malgrè tout un pays. C’est problématique.

Le vote négatif pose donc un grave problème quant à la représentation et le souci c’est qu’il n’est pas pris en compte de manière effective dans le système électoral actuel où l’on ne peut voter que pour quelqu’un.

Cela conduit, répétons-le, au fait que nous sommes dirigés par des gens qui sont en place parce que nous ne voulons pas, ou plus, des autres candidats. Et cela nous rappelle la nature profonde et réelle de la politique pure qui est de se diviser continuellement contre elle-même.

Un bulletin pour, un bulletin contre

Faisons preuve d’un peu d’imagination en modélisant de manière théorique un système électoral qui intégrerait le vote négatif.

Dans ce cas de figure, les électeurs disposeraient de deux bulletins : un bulletin pour, afin de désigner le candidat de leur choix, et un bulletin contre, pour exprimer leur rejet d’un candidat détesté pour x raisons.

Au dépouillage, les bulletins contre viendraient au décompte des bulletins pour. C’est-à-dire que, si un candidat recueille 1 000 voix pour et 900 voix contre, il n’en comptabiliserait en réalité que 100 au final. Cette prise en compte des votes négatifs donnerait une idée plus juste du sentiment de l’opinion. Et finalement, c’est le candidat le plus apprécié qui remporterait les suffrages.

En cette période électorale, je vous propose une expérience facile à tenter. Il vous suffit, par exemple, d’interroger vos proches sur leur choix lors des dernières élections présidentielles : avec un tel système, pour qui auraient-ils voté, contre qui auraient-ils voté… et qui aurait été élu au bout du compte ?

Le résultat risque d’être surprenant et bien différent de celui que nous constatons au premier et au second tour du désespérant scrutin aquel nous assistons.

Appliquer ce principe serait assez judicieux et davantage représentatif de l’opinion, mais, soyons réalistes, la féodalité politique règne, et l’absence de véritable concertation des citoyens sur leurs désirs fondamentaux par l’intermédiaire de cahiers de doléances fait que ceux qui sont censés nous représenter ne représentent en réalité qu’en mêmes… ou, ce qui est pire, ceux dont ils sont les marionnettes.

Nous ne sommes pas sortis du cirque électoral !

Nous ne le serons que lorsque nous aurons la volonté de changer un système dont l’obsolescence conduit l’humanité au gouffre avec ses désastres économiques, écologiques, militaires, éducatifs et autres.

Le système actuel est irréformable. Il convient d’en changer.

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Jean-Michel Grandsire

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