Actualité - Monde d'aprèsChronique de la traversée du néantCitoyen ou assujetti ?Pouvoirs politiques et pouvoirs sociauxSymptômes : La nouvelle féodalitéUn monde magique

Députés de qui ? De quoi ? Pour qui ? Pour quoi ?

Depuis quelque deux siècles, on nous bourre le mou avec une histoire à dormir debout qui cherche à nous faire avaler que les députés siégeant à l’assemblée nationale seraient les représentants de leurs électeurs. Enquête sur l’escroquerie du millénaire.

 La ritournelle est tellement entrée dans les mœurs et dans le crâne de l’assujetti moyen que contredire cet aphorisme est souvent accueilli par des haussements d’épaules assortis d’invectives assimilant tout propos anti-parlementaire à un discours de fâcheux facho : « Sacrilège ! Oser dire cela dans une démocratie aussi exemplaire que la nôtre ! » Quel scandale !

Pourtant, si nous observons ces « députés » qui sont censés nous représenter et que nous observons la façon dont nous les élisons, quelques surprises nous attendent.

L’illusion du choix

Lors de chaque scrutin, l’électeur a l’illusion de faire un choix entre différents candidats afin de voir émerger celui qui a obtenu le plus de suffrages.

Ce dernier devient en conséquence le député de sa circonscription, donc, en principe, le député de l’ensemble des citoyens peuplant ladite circonscription.

Élémentaire !

Le problème majeur, c’est ce député n’a pas été choisi par les électeurs. Il l’a été par un parti politique auquel il doit son investiture et dont il va devoir suivre les consignes s’il veut avoir une chance d’être réinvesti lors du scrutin suivant.

Peu importe ici le parti dont il a obtenu l’investiture, les faits sont là : les députés sont les représentants du parti politique auquel ils sont inféodés. En aucun cas ils ne sont les représentants des gouvernés qui leur ont accordé leur suffrage.

La ligne du parti

La ligne qui est imposée au député n’est pas celle de l’électeur mais bien celle de sa formation politique et les débordements à la règle sont rarement admis et souvent lourdement sanctionnés. L’oligarchie appelle cela la « discipline républicaine ». En clair : « tu fais ce qu’on te dit de faire, sinon tu perdras l’investiture pour le prochain scrutin ! »

Il y a bien sûr des exceptions qui confirment la règle. Je pense à ces députés qui, par leur originalité et leur talent, savent se démarquer de la ligne de leur formation politique. Du reste, cette particularité n’en fait pas pour autant les justes représentants de leurs mandants. Leur particularité tient davantage à leur personnalité et à leurs prises de position originales qu’au désir de représenter des électeurs auxquels ils ne demandent jamais – ou si rarement – leur avis. Quant aux autres, la grande majorité des membres de la « représentation nationale », les observateurs du monde politique ont trouvé le mot qui convient pour les désigner : on les appelle des députés godillots, des sortes de mannequins collectivement décérébrés qui votent ce qu’on leur dit de voter et dont l’utilité réelle pour le bien de la nation apparaît pour le moins discutable.

Les conséquences d’un tel dysfonctionnement conduisent à des incongruités dont le citoyen ressort aussi médusé que désabusé. Il faut en effet ajouter au tableau les rivalités entre groupes rivaux, en clair, entre les groupes des députés appartenant aux diverses sectes politiques qui morcellent l’unité nationale.

Au lieu de législateurs de l’ordre civil, l’assemblée donne le spectacle d’oligarchies politiques se faisant une opposition systématique sur tous presque les projets de loi. La chambre de députés évoque davantage une guerre de clans qu’une réunion d’hommes véritablement Politiques, le mot pris au sens noble du terme (d’où le P majuscule).

En plus, cerise sur le gâteau, les députés, on l’oublie trop souvent, sont des fonctionnaires puisque, en tant qu’élus, ils sont rétribués par l’État.

Où est le citoyen, où est l’électeur, où est la volonté populaire, où se nichent les aspirations sociales dans ce fatras ? On cherche, on cherchera longtemps mais on ne trouvera jamais car, il faudra bien se résoudre à en prendre conscience un jour, la solution au problème de la représentation ne réside pas dans la prise du pouvoir et le remplacement d’une équipe par une autre, aussi vertueuse soit-elle. La solution est ailleurs, dans une expression différente et plus juste de la représentation populaire.

Féodalité

Le premier constat que nous pouvons dresser est le suivant : La représentation politique est marquée du sceau de la féodalité, puisque chaque « député » est dépendant structures politiques rivales. Le représentant du gouverné est en fait celui du parti auquel il est inféodé. Le tout dans un pays dirigé par un roi élu qui, nous aurons l’occasion d’y revenir dans des posts ultérieurs, détient plus de pouvoir que n’en possédaient les monarques de droit divin…

Petite remarque en passant : quand aux actualités on interroge un député sur un sujet particulier, le journaliste le présente toujours en ces termes génériques : « Monsieur (Madame) Tartempion, député(e) de tel parti politique, originaire de telle région de notre beau pays. Exit ses mandants…

Origine du trouble organique

Savoir quelles sont les origines de ce système pipé aidera à mieux en comprendre les rouages pour mieux s’en extirper.

Je vous propose en conséquence un flash-back pour que, à la lumière du passé, nous comprenions mieux les soucis du présent.

La loi électorale qui a découlé de la Révolution a dissocié le corps social en autant d’atomes individuels n’ayant aucun lien entre eux, « comme des grains de sable », écrivit Napoléon.

Cette grande illusion révolutionnaire, qui fait encore tant rêver, causa plus de ravages qu’elle ne sut réformer. On a cru que la Révolution voulait créer une société égalitaire. Sa grande œuvre fut, à l’époque, de plafonner les inégalités au niveau supérieur du tiers état, leçon que les accapareurs des biens nationaux ont immédiatement compris pour pouvoir s’enrichir sur le dos des restes du vieux monde.

Toutes les constitutions, toutes les lois électorales que nous avons connues depuis ont reproduit la même erreur.

Le point de départ est dû en majeure partie à l’idéologie de l’abbé Sieyès qui traça de manière abstraite une division exclusivement politique de la France en départements. Il y introduisit de force des conseils de 36 membres, des directoires de 5 membres, des districts et des communes, en totale contradiction avec l’ancienne souveraineté populaire (les états généraux) et qui ne souhaitait pas un tel morcellement administratif.

À peine l’unité gouvernementale de la France était-elle réalisée au début de la Révolution que l’unité sociale de son peuple se trouvait brisée par la mise en place d’un système représentatif essentiellement politique.

Ce fait est demeuré inchangé de nos jours.

L’abbé Sieyès, prêtre sans foi qui voulut faire la loi et qui contribua très largement au saccage de la France. Il sortit indemne de la folie révolutionnaire dont il avait été l’une des figures majeures…

Dissociation et règne des sectes

La société issue de la Révolution n’a pour trait d’union que des sectes, des partis et des classes économiques totalement dissociées du corps électoral. Le seul ciment que ce système essentiellement gouvernemental privé de son socle social ait pu trouver pour donner un semblant d’unité à la nation vient de la Constitution de 1958 qui, en rétablissant la monarchie sous la forme d’une république présidentielle, a concentré sur les épaules d’un seul homme l’unité nationale mais de manière purement symbolique et artificielle car il est lui-même – et par nécessité élective – l’homme d’un parti.

La simple préparation des lois par des moyens harmonieux est devenue impossible. Nous n’avons plus pour repères que du sentimentalisme électoral dans lequel chacun déchaîne ses passions. L’État politique est dirigé par des fonctionnaires et le conflit entre gouvernants et gouvernés est devenu une sorte de mouvement perpétuel qui consomme davantage d’énergie qu’il n’en produit. La loi de la thermodynamique est passée par là.

Une quantité impressionnante de partis – petits et grands – égrènent l’unité nationale en autant de groupuscules mus par des intérêts particuliers ou des idéologies divergentes.

 

Des partis politiques, des sectes rivales… quant à l’intérêt des gouvernés…

Ce système, qui consiste à disloquer l’unité nationale en autant de groupes d’intérêt et de pression est sectaire dans son principe même. Et le plus drôle est de constater que les représentants de nos sectes nationales, réunis au sein du parlement, ont le culot de constituer des groupes pour étudier, stigmatiser, dénoncer et réprimer les dérives… sectaires de certains gouvernés. On croit rêver !

À cette division de l’unité nationale en courants antagonistes, il faut ajouter la conséquence inévitable que cela entraîne pour le citoyen. Si les partis sont dans le carcan du sectarisme, l’électorat, pour sa part, se trouve confronté à la dérive passionnelle. Et cela frise souvent l’irrationnel de haut vol.

Les antagonismes idéologiques incitent à l’intolérance la plus élémentaire en opposant gens de droite à gens de gauche dans un jeu destructeur pour la communauté, tant au niveau personnel que familial et national.

Si nous ajoutons à cela les prises de position en faveur de tel ou tel leader, parfois adulé au mépris de la raison la plus élémentaire, on mesure l’étendue des dégâts !

Dans les faits, tout semble conçu pour que le tempérament politique de l’individu prenne le pas sur sa faculté de raisonnement et l’objectivité de son jugement. Tel électeur de gauche votera à gauche parce que c’est la gauche et que c’est comme ça et pas autrement. Symétriquement, un électeur de droite se refusera à se salir en votant à gauche.

Prenez une chèvre, présentez-la aux élections comme étant de gauche et les électeurs de cette tendance voteront pour elle sans se poser de question, tout comme les feront les électeurs de droite si elle était représentante de ce courant. Les programmes, les promesses non tenues, les scandales à répétition n’ont aucune prise là-dedans, si ce n’est pour un court moment d’exaspération, le temps que la fièvre retombe et que le tempérament naturel, telle une rivière en crue, retrouve son lit et reprenne son cours naturel.

Le lieu emblématique de la division de la France où l’on se fait la guerre en Chambre…

En fait, la passion, l’exacerbation du tempérament politique qui est la règle du système actuel présente toutes les caractéristiques d’un trouble inné et quasi génétique, développant pour symptôme une sorte de handicap mental qui brouille les cerveaux les plus brillants. On est (ou on naît) de droite ou de gauche, comme on naît droitier ou gaucher. Tout cela est une affaire essentiellement passionnelle. N’a-t-on pas vu, au cours d’élections où le choix était cornélien, des électeurs de gauche aller voter pour un candidat de droite en se bouchant le nez pour barrer la route à un concurrent d’extrême droite ? La démarche est bien sûr louable puisque ces électeurs avaient le sentiment de défendre un principe plus sacré que leur propre personne, mais elle montre aussi l’inanité d’un système obsolète où l’électeur en est réduit à voter délibérément « contre » un candidat pour éviter ce qu’il considère comme le pire sans avoir d’autre choix possible que le recours à ce qui s’avère être un acte au fond profondément désespérant…

Comment une société supposément saine peut-elle se satisfaire d’un système non représentatif et aussi vide de dynamique et d’espoir ?

Jeu de massacre

Ajoutons à cela le jeu de massacre qui est la règle au sein de chaque secte partisane.

Les politologues, ces spécialistes qui sont à la vie collective ce que les astrologues sont à l’astronomie, l’expliquent mieux que moi et avec des exemples édifiants : Le but de tout homme politique ambitieux étant d’accéder au trône, il est contraint, durant toute sa carrière, d’éliminer la concurrence et de s’entourer de gens plus incompétents et moins charismatiques que lui. Cela conduit à des situations cocasses où, une fois le but atteint, il est devenu difficile au monarque de s’entourer d’alliés de valeur, son propre camp étant devenu un vaste désert dans lequel la haine que leur prodiguent les survivants n’a d’égal que leur rancœur. Souvenons-nous de Jacques Chirac, au soir de sa victoire de 1995, entouré de bien peu de ses anciens compagnons de route car la plupart d’entre eux l’avaient trahi.

Les gens de parole, uniquement soucieux de l’intérêt supérieur de la Nation…

Les rivalités entre ces gens que l’on qualifie, pour une raison qui m’échappe, « d’élite » font les choux gras des hebdomadaires, de la presse à scandale et du monde de l’édition. Je doute toutefois que les acteurs d’un tel foutoir puissent résoudre les problèmes majeurs qui se posent à l’humanité.

Les partis politiques sont des fragments de l’unité nationale. Ce sont des sectes – dans le sens littéral du terme – qui sont appelées à diriger le pays. Leurs dérives coûtent très cher à la Nation.

Et comme le mal est contagieux et qu’on ne lui a pas trouvé de vaccin, les gouvernés se trouvent infectés par le fléau passionnel qu’engendrent ces divisions au point de perdre, trop souvent, toute cohérence dans leurs jugements.

Revenons à nos chers « députés »

Prenons quelques secondes de notre temps et mettons-nous dans la peau d’un demandeur d’emploi au cours d’un entretien d’embauche.

En toute logique, l’employeur potentiel va nous demander quelques garanties pour lui permettre d’évaluer notre niveau de compétence. Il va nous demander quels sont nos diplômes, quelles formations nous avons reçu, quel est notre parcours professionnel… bref, tout ce qui figure sur le plus banal des CV.

Tout cela correspond à des faits bien concrets, à la réalité de la vie, comme on dit.

Dans le monde « normal », pour exercer une fonction, il faut avoir une compétence ou, dans le pire des cas, avoir reçu une formation adaptée !

Si vous déboulez chez un employeur potentiel en lui disant : « Coucou, je sais tout faire et vous allez voir qu’avec moi ça va déménager ! » Vous pouvez être certain que ça va effectivement déménager… en direction de la sortie sans aucun espoir d’embauche.

N’est pas ingénieur ou même technicien de surface qui veut.

Mais cette règle connaît une exception de taille car elle ne fonctionne pas dans le monde magique de la politique !

À gauche : dans le monde normal. À droite, dans le monde magique…

Dans cet univers aux règles subtiles, la transmutation magique se déroule en plusieurs étapes précises. Prenons le cas de celui qui va devenir le prétendu lien entre le gouverné et l’État, à savoir le député d’une circonscription.

Dans un premier temps, quand il ne s’agit pas d’un « parachuté » jouissant d’une quelconque notoriété, un militant zélé reçoit l’onction d’un parti pour démarcher les électeurs auxquels il présente un programme. Il s’agit de la fameuse « profession de foi » du candidat.

« Profession de foi »… L’expression laisse songeur dans la patrie de la laïcité. Passons…

Sur la base de cette « profession de foi », l’électeur fait son choix entre différents candidats. Le jour du vote, il glisse un bulletin dans l’urne et, au final, le candidat qui a reçu une majorité de suffrages est élu.

Attention : suite à ce geste magique un miracle va se produire !

C’est là que ce produit, sous les yeux de tous, un miracle plus spectaculaire que ceux de lourdes et de Fatima réunis ! Le plomb se transforme en or et l’eau en vin. L’heureux vainqueur se retrouve soudain, comme par magie, investi de tous les pouvoirs et de toutes les compétences.

Il se rend au Palais Bourbon, dans le sacro-saint hémicycle, et devient, le temps de la législature, une entité d’une omnipotence absolue. Rien – plus rien ! – n’échappera le temps de son mandat à son omniscience ! D’un jour à l’autre, monsieur ou madame tout le monde se trouve en mesure de débattre, selon l’ordre du jour, de la GPA, de problèmes financiers, juridiques, médicaux, territoriaux, administratifs, éducatifs, militaires, techniques, éthiques ; il devient même spécialiste en virologie et en innocuité vaccinale… tout y passe, comme s’il connaissait l’intégralité de ces sujets sur le bout des doigts.

Vous trouvez cela cohérent, logique, normal ? Pas moi. J’ai été formé dans le même moule que vous qui lisez ces lignes : celui d’un monde rationnel et laïcisé à outrance. Par notre éducation, nous avons été habitués à ne pas croire n’importe quoi. Nous avons appris à exercer notre jugement critique, à être sceptiques.

D’ailleurs, beaucoup de nos contemporains refusent toute croyance religieuse justement en raison de cette forme d’éducation que nous avons reçue et qui privilégie le raisonnement.

Or, en politique, le miracle existe : la transmutation du simple citoyen en homme politique omniscient en est la démonstration.

La Pentecôte laïque

Quand, pour donner un exemple simple et accessible, on nous parle de la Pentecôte, nous pensons davantage à un lundi dont on se demande s’il est encore férié qu’à une fête religieuse. Nous ne pensons pas à des apôtres sur lesquels un esprit saint serait descendu pour leur transmettre quelques dons miraculeux. Tout cela fait rire la plupart d’entre nous, qui, selon la formule consacrée, ne sommes pas nés de la dernière pluie !

Pour la majorité d’entre nous, le temps de la superstition religieuse est passé. Qui, au XXIe siècle, pourrait croire en de telles balivernes ? Les curés eux-mêmes ont fini par se convertir au rationalisme, ne voyant plus dans les faits miraculeux relatés par les écritures que de simples allégories…

Donc, que des apôtres reçoivent du ciel des facultés psi par l’entremise de l’Esprit saint, cela fait rire la plupart d’entre nous. Par contre, que des gens qui, avant une élection, étaient des individus ordinaires soient devenus omnipotents et omniscients par la simple magie du suffrage universel, ne pose apparemment aucun problème à qui que ce soit !

Cela interroge toute de même a minima sur le sérieux de la structure même de notre système représentatif.

Le lecteur dubitatif qui partage mon scepticisme pourra tirer un premier constat de ce qui vient d’être écrit :

« La base de la représentation politique repose sur un concept magique et irrationnel, un mélange des genres en total décalage avec la réalité de la vie sociale. »

Le paradoxe républicain

Poursuivons cette analyse critique.

Pour quelle mission un député est-il élu ?

La question mérite d’être posée de manière claire.

La réponse la plus naturelle serait de dire que les députés sont élus pour faire ce que l’expérience de leur spécialité et leur valeur professionnelle – souvent très grande – leur ont appris.

Malheureusement, il en va tout autrement.

La dérive commence par la campagne électorale. Pour être élus, les candidats multiplient les discours sur l’incomparable valeur de leur parti, son programme tout neuf, tout beau, tout frais, qui va immanquablement régler les problèmes du moment. Ils affichent leurs portraits – toujours souriants ! – sur tous les supports publicitaires possibles et imaginables. Ils se mettent à pratiquer le porte à porte et les bains de foule. Les poignées de mains s’enchaînent, occasions uniques pour les électeurs de leur faire part de leurs préoccupations.

Pour finir, les candidats remettent à l’électeur cette fameuse « profession de foi » dont il a été question plus haut.

Le jour de grâce arrivé, l’électorat est prié d’aller faire son « devoir de citoyen » en se rendant aux urnes dans une procession rituelle bien rodée.

Le problème c’est que, immanquablement, le bulletin de vote déposé dans l’urne sacrée de la République une et indivisible s’avère n’être en réalité qu’un « chèque en blanc ». Il est manifeste que les députés, une fois élus, ne tiennent que très modérément compte du souhait de leurs électeurs, lesquels n’ont plus qu’à souscrire aux décisions de l’Assemblée, toujours prises en leur nom, mais sans qu’on leur demande jamais le moindre avis sur ce qui va y être voté.

« Question : qui a vu une fois dans sa vie « son » député, venir lui demander un avis sur un vote à venir ? »

En clair, l’élection législative, dans la patrie de la laïcité, est un « acte de foi » aveugle pratiqué dans une république dont on nous ressasse à longueur de journée, le caractère profondément… laïc.

Cela ferait sourire s’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Que vient donc faire la foi dans ce chantier ? Foi politique ? Mais en quoi, en qui ?

Qui, à part quelques irréductibles passionnés, a encore foi dans le système politique et dans les représentants des partis ?

Les divisions fratricides des formations politiques déchirent la conscience nationale. Il suffit de suivre l’actualité avec ses scandales à répétition et ses querelles de personnes pour être écœuré à jamais de la politique et ne lui accorder aucun crédit.

L’abstentionnisme grandissant montre la désaffection des citoyens pour ce système désuet censé représenter la population.

Comment peut-on admettre ce jeu de rôle qui consiste à nommer les candidats des partis et à leur donner des pouvoirs dont ils se servent pour batailler sans arrêt dans l’hémicycle sous prétexte d’une législation fourre-tout ?

Nous les voyons tour à tour gesticulant en tirant la corde vers l’État quand le parti auquel ils appartiennent en est le maître, et, au contraire, tirer contre l’État pour le déstabiliser quand ils sont dans l’opposition. Le tout au nom même des électeurs qui, médusés, les regardent s’entre-déchirer… à leurs frais bien entendu.

Force est de constater que, d’une Chambre à tout faire, aucune réforme profonde et durable ne peut être apportée au code et à la législation. Les lois s’empilent, souvent inapplicables, inutiles quand elles ne sont pas nuisibles, parfois votées pour flatter ou calmer l’opinion et rassurer le quidam sans jamais réussir à régler le moindre problème. D’autres fois, elles sont votées au beau milieu de la nuit quand tout le monde dort – « députés » compris – quand on ne les fait pas revoter quand le résultat ne satisfait le gouvernement en place comme on l’a vu sous la présidence d’Emmanuel Macron.

Il arrive de plus en plus souvent à nos chers députés de travailler en dormant… le surmenage et des horaires soigneusement adaptés…

Constat et conclusion

Nous tirerons un constat de ce qui précède : la magie électorale conduit à l’anarchie gouvernementale aux frais du contribuable. Les gouvernés se font mener par le bout du nez par une minorité d’aventuriers, sympathiques et compétents en tant qu’individus et potentiellement toxiques en tant que citoyens transmutés en hommes politiques.

Et une conclusion : ce n’est pas en changeant de législateur tous les cinq ans que l’on trouvera une solution aux problèmes du monde moderne et que l’on créera un avenir radieux à nos enfants.

Il est impératif d’adopter un système représentatif à la hauteur de nos aspirations, un système qui crée du lien, qui donne la parole à chacun et qui rende au citoyen la part de souveraineté qui lui a été volée par un système pervers consistant à déléguer ladite souveraineté à des gens qui l’utilisent toujours à leur avantage et rarement au bénéfice de leurs mandants.

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Jean-Michel Grandsire

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