Qui créé les lois ?Symptômes : La nouvelle féodalité

Un monde magique

Vous l’avez peut-être remarqué, la politique relève de la magie et de l’irrationnel poussés à leur paroxysme!

Le mode de fonctionnement régissant la totalité des pays dits « démocratiques » est incohérent, inadapté, désuet, totalement inapproprié à notre monde moderne intégralement épris de rationalité et de technicité.

Ce constat n’est pas là une hypothèse mais une réalité qui crève les yeux. Jugez plutôt:

Vous qui lisez ces lignes, je vous engage à une simple réflexion mentale. Prenez quelques secondes de votre temps pour vous mettre dans la peau d’un demandeur d’emploi au cours d’un entretien d’embauche.

En toute logique, l’employeur potentiel va vous demander quelques garanties pour lui permettre d’évaluer votre niveau de compétence. Il va vous demander quels sont vos diplômes, quelles formations vous avez reçues, quel est votre parcours professionnel… bref, tout ce qui figure sur le plus banal des CV.

Tout cela correspond à des faits bien concrets, à la réalité de la vie, comme on dit.

Dans le « monde normal », pour exercer une fonction, il faut avoir une compétence ou, dans le pire des cas, avoir reçu une formation adaptée!

Si vous déboulez chez un employeur en lui disant: « Coucou, je sais tout faire et vous allez voir qu’avec moi ça va déménager! » Vous pouvez être certain que ça va effectivement déménager… en direction de la sortie sans aucun espoir d’embauche.

N’est pas ingénieur ou même technicien de surface qui veut.

Une exception de taille

Mais cette règle élémentaire à laquelle le commun des mortels est impérieusement soumis ne fonctionne pas dans le monde magique de la politique!

Dans cet univers aux règles subtiles, la transmutation magique se déroule en plusieurs étapes précises. Prenons le cas de celui qui va devenir le prétendu lien entre le gouverné et l’État, à savoir le député d’une circonscription.

Dans un premier temps, et quand il ne s’agit pas d’un « parachuté » jouissant d’une quelconque notoriété, un militant zélé reçoit l’onction d’un parti pour démarcher les électeurs auxquels il présente un programme. Il s’agit de la fameuse « profession de foi » du candidat.

« Profession de foi »… L’expression laisse songeur…

Sur la base de cette « profession de foi », l’électeur fait son choix entre différents candidats. Le jour du vote, il glisse un bulletin dans l’urne et, au final, le candidat qui a reçu une majorité de suffrages est élu.

C’est là que la transmutation se produit! Le plomb se transforme en or et l’eau en vin. L’heureux vainqueur se retrouve soudain, et comme par magie, investi de tous les pouvoirs et de toutes les compétences.

Il se rend au Palais Bourbon, dans le sacro-saint hémicycle, et devient, le temps de la législature, une entité d’une omnipotence absolue. Rien – plus rien! – n’échappera le temps de son mandat à son omniscience! D’un jour à l’autre, monsieur ou madame tout le monde se trouve en mesure de débattre, selon l’ordre du jour, de la GPA, de problèmes financiers, juridiques, médicaux, territoriaux, administratifs, éducatifs, militaires, techniques, éthiques… et j’en passe, comme s’il connaissait tous ces sujets sur le bout des doigts.

Vous trouvez cela cohérent, logique, normal? Pas moi. J’ai été formé dans le même moule que vous qui lisez ces lignes: celui d’un monde rationnel et laïcisé à outrance. Par notre éducation, nous avons été habitués à ne pas croire n’importe quoi. Nous avons appris à exercer notre jugement critique, à être sceptiques.

D’ailleurs, beaucoup de nos contemporains refusent toute croyance religieuse justement en raison de cette forme d’éducation que nous avons reçue et qui privilégie le raisonnement.

Quand, pour donner un exemple simple et accessible, on nous parle de la Pentecôte, nous pensons davantage à un lundi dont on se demande s’il est encore férié qu’à une fête religieuse. Nous ne pensons pas à des apôtres sur lesquels un esprit saint serait descendu pour leur transmettre quelques dons miraculeux. Tout cela fait rire la plupart d’entre nous, qui, selon la formule consacrée, ne sommes pas nés de la dernière pluie!

Pour la majorité d’entre nous, le temps de la superstition religieuse est passé. Qui, au xxie siècle, pourrait croire en de telles balivernes? Les curés eux-mêmes ont fini par se convertir au rationalisme, ne voyant plus dans les faits miraculeux relatés par les écritures que de simples allégories…

Donc, que des apôtres reçoivent du ciel des facultés psi par l’entremise de l’Esprit saint, cela fait rire la plupart d’entre nous. Par contre, que des gens qui, avant une élection, étaient des individus ordinaires soient devenus omnipotents et omniscients par la simple magie du suffrage universel, ne pose apparemment aucun problème à qui que ce soit!

Cela interroge toute de même a minima sur le sérieux de la structure même de notre système représentatif.

Le lecteur dubitatif qui partage mon scepticisme pourra tirer un premier constat de ce qui vient d’être écrit:

La base de la représentation politique repose sur un concept magique et irrationnel, un mélange des genres en total décalage avec la réalité de la vie sociale.

B. Paradoxe républicain

Pour quelle mission un député est-il élu?

La question mérite d’être posée de manière claire.

La réponse la plus naturelle serait de dire que les députés sont élus pour faire ce que l’expérience de leur spécialité et leur valeur professionnelle – souvent très grande – leur ont appris.

Malheureusement, il en va tout autrement.

La dérive commence par la campagne électorale. Pour être élus, les candidats multiplient les discours sur l’incomparable valeur de leur parti, son programme tout neuf, tout frais, qui va immanquablement régler les problèmes du moment. Ils affichent leurs portraits – toujours souriants! – sur tous les supports publicitaires possibles et imaginables. Ils se mettent à pratiquer le porte à porte et les bains de foule. Les poignées de mains s’enchaînent, occasions uniques pour les électeurs de leur faire part de leurs préoccupations.

Pour finir, les candidats remettent à l’électeur cette fameuse « profession de foi » dont il a été question plus haut.

Le jour de grâce arrivé, l’électorat est prié d’aller faire son « devoir de citoyen » en se rendant aux urnes dans une procession rituelle bien rodée.

Le problème c’est que, immanquablement, le bulletin de vote déposé dans l’urne sacrée de la République une et indivisible s’avère n’être en réalité qu’un « chèque en blanc ». Il est manifeste que les députés, une fois élus, ne tiennent que très modérément compte du souhait de leurs électeurs, lesquels n’ont plus qu’à souscrire aux décisions de l’Assemblée, toujours prises en leur nom, mais sans qu’on leur demande jamais le moindre avis sur ce qui va y être voté.

En clair, l’élection législative, dans la patrie de la laïcité, est un « acte de foi » aveugle pratiqué dans une république dont on nous ressasse à longueur de journée, le caractère profondément… laïc.

Cela ferait sourire s’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter.

Que vient donc faire la foi dans ce chantier?

Foi politique? Mais en quoi, en qui?

Qui, à part quelques irréductibles passionnés, a encore foi dans le système politique et dans les représentants des partis?

Les divisions fratricides des formations politiques déchirent la conscience nationale. Il suffit de suivre l’actualité avec ses scandales à répétition et ses querelles de personnes – souvent au sein d’une même formation – pour être écœuré à jamais de la politique et ne lui accorder aucun crédit.

L’abstentionnisme grandissant montre la désaffection des citoyens pour ce système désuet censé représenter les gens.

Comment peut-on admettre ce jeu de rôle qui consiste à nommer les candidats des partis et à leur donner des pleins pouvoirs dont ils se servent pour batailler sans arrêt dans l’hémicycle sous prétexte d’une législation fourre-tout?

Nous les voyons tour à tour gesticulant en tirant la corde vers l’État quand le parti auquel ils appartiennent en est le maître, et, au contraire, tirer contre l’État pour le déstabiliser quand ils sont dans l’opposition. Le tout au nom même des électeurs qui, médusés, les regardent s’entre-déchirer… à leurs frais bien entendu.

Force est de constater que, d’une Chambre à tout faire, aucune réforme profonde et durable ne peut être apportée au code et à la législation. Les lois s’empilent, souvent inapplicables et inutiles, parfois votées pour flatter ou calmer l’opinion et rassurer le quidam sans jamais réussir à régler le moindre problème.

Constat : la magie électorale conduit à l’anarchie gouvernementale aux frais du contribuable. Les gouvernés se font mener par le bout du nez par une minorité d’aventuriers potentiellement toxiques.

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Jean-Michel Grandsire

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