Le piège des ligues de vertuSymptômes : La nouvelle féodalité

Lobbies et ligues de vertu

Vous êtes déprimé par l’ambiance de notre société ? Ne désespérez pas! La société anonyme qui gère nos vies a plus d’un tour dans son sac. Et comme la France a cessé depuis longtemps de rayonner sur le monde, c’est du nouveau monde – que dis-je: du centre du monde – que nous viennent les nouvelles tendances chargées de mieux régenter l’harmonie de nos relations sociales.

Le monde des lobbies nous ouvre les bras pour mieux nous étouffer et nous préparer un avenir radieux où la liberté de penser sera mise à mal.

Il fut un temps où, au nom de la religion, on nous imposait ce qu’il était bon ou mauvais de croire. On aurait pu espérer ces temps révolus, eh bien non! Les ligues de vertu se sont modernisées, laïcisées, organisées, au point de devenir de véritables groupes de pression.

Montant aux créneaux de notre système féodal, et via un système législatif aisément manipulable par le biais des lobbies, elles parviennent à faire voter – et appliquer – des lois pour imposer leur ordre.

L’idée de départ est toujours louable car il s’agit de lutter contre des défauts humains, des faiblesses, des déviances.

Il n’est pas bien d’être raciste, sexiste ou homophobe, de se moquer des minorités, de négliger sa santé et celle de ses enfants, etc.

Mais chaque médaille a son revers. Par un système de rétroaction pourtant bien connu, toute atteinte à la liberté d’expression finit par produire l’inverse de ce qu’elle veut créer. Cela nous promet quelques surprises de taille dans un avenir pas trop lointain…

Si l’on observe le mouvement avec un peu de recul, on s’aperçoit qu’il suit une ligne rectiligne depuis la Révolution. L’idéal utopique des conventionnels prend peu à peu corps sous des formes nouvelles mais avec le même esprit pétri de souci égalitariste.

Le citoyen lambda se retrouve muselé et n’ose même plus rire de tout de peur d’être confondu avec n’importe qui.

Le « grain de sable » de Bonaparte, l’assujetti, le soi-disant citoyen, qui n’a aucune structure fiable à laquelle s’agréger, traité en entité fiscale par le rouleau compresseur d’un système devenu ubuesque, se trouve livré à lui-même dans la jungle des réglementations kafkaïennes.

Divisés, opposés les uns aux autres, suspectés de ne pas respecter les règles, de tricher, coupables potentiels et responsables à tous les coups, les gouvernés qui remettent périodiquement – et parodiquement – leur destin entre les mains d’une minorité de politiciens sont devenus les marionnettes d’un jeu qui les dépasse.

Il y eut autrefois le servage. Nous sommes arrivés tant bien que mal, à force d’être bâillonnés sous peine d’être mal jugés, à l’ère de la servilité. Il ne reste au citoyen désabusé que le choix de la jacquerie, l’occupation des ronds points et le plaisir d’en prendre plein la face en retour… au nom des règles républicaines les plus élémentaires, cela va sans dire!

CONSTAT

Le gouverné est divisé contre lui-même, manipulé, infantilisé jusque dans sa liberté de penser. Il n’est, dans les faits, considéré que comme une entité fiscale: un assujetti bon à payer, toujours et encore.

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Jean-Michel Grandsire

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